Les féministes et leurs archives

Résumé : Il faut remonter à la toute fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle pour rencontrer un souci de mémoire chez les féministes. On assiste alors à des tentatives plus ou moins fructueuses pour créer et maintenir à flots des bibliothèques féministes dont la raison d'être était la conservation et la transmission des archives militantes. A l'origine, il y a la prise de conscience malheureuse que l'histoire ne retiendra pas d'elle-même les actions des mouvements minoritaires et de dominé.e.s. C'est au prisme de cette conscience d'un possible oubli qu'il faut d'ailleurs mesurer aujourd'hui la difficulté des entreprises passées et contemporaines. Les documents conservés devaient permettre de combler les lacunes de la mémoire. Les premières « archivistes » féministes Eliska Vincent face à l'indifférence des institutions culturelles C'est la bibliothèque d'Eliska Vincent (1841-1914), abritée dans sa maison d'Asnières et dont on dit qu'elle contenait un « million de fiches et de dossiers » 1 , qui fut la première initiative de regroupement d'archives féministes. Eliska Vincent est née dans une famille républicaine radicale. Son père fut d'ailleurs emprisonné pour son orientation politique au moment de la révolution de 1848 2. Sa fille a commencé son activité militante en 1866 quand elle a rejoint la Société pour la Revendication des droits civils des Femmes 3. Sa participation à la Commune lui valut d'échapper de peu à l'exécution en 1871. Elle défendit les droits des travailleuses, notamment par son implication dans le mouvement syndicaliste français. Mais c'est dans la revendication pour le suffrage féminin qu'elle se signala particulièrement : en 1888, elle fonda le petit mais influent groupe d'Asnières, L'Egalité 4. Quand, la même année, Hubertine Auclert, qui en avait aussi assuré l'animation, suivit son mari pour quatre ans en Algérie, 1 Christine Bard, « Les gardiennes de la mémoire », Bulletin Archives du féminisme, n° 5, juin 2003. URL : http://www.archivesdufeminisme.fr/ressources-en-ligne/articles-et-comptes-rendus/fonds-archives-bibliotheques-musees/bard-c-les-gardiennes-memoire/#r9 2 Helen Rappaport, Encyclopedia of women social reformers, Etats-Unis, ABC-CLIO, 2001, p. 725. 3 Fondée par Léon Richer et Marie Deraisme en 1869. 4 Il est plus tard absorbé par l'Union française pour le suffrage des femmes, créée en 1909. Eliska Vincent en fut la vice-présidente.
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Chapitre d'ouvrage
Genre de l'archive. Constitution et transmission des mémoires militantes, 2017
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Contributeur : Marine Rouch <>
Soumis le : vendredi 27 octobre 2017 - 13:35:47
Dernière modification le : vendredi 17 novembre 2017 - 08:48:01

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Marine Rouch. Les féministes et leurs archives. Genre de l'archive. Constitution et transmission des mémoires militantes, 2017. 〈hal-01616971〉

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