Normes-en-action. la négociation des droits épistémiques dans des réunions des équipes

Résumé : Comme le soulignent Drew et Heritage (1992), les asymétries dans le savoir font partie intégrante de l'interaction institutionnelle. ainsi, par exemple, en médecine les droits des patients d'avoir, ou d'exprimer leur savoir sont limités. De plus, les chercheurs affirment (voir, par exemple, la collection d'articles dans Stivers et al. 2011), que le savoir déployé dans l'interaction n'a pas ses origines dans la psyché. il est en fait entraîné par les droits d'avoir, et de montrer: le savoir est donc négocié et policé dans l'interaction. Par exemple, il a été observé que les médecins qui accompagnaient leurs enfants à des consultations médicales agissaient comme des parents, plutôt que des médecins, car ils n'affichaient pas des connaissances médicales (Strong, 1979). Une telle recherche suggère donc l'inadéquation des concepts telementalist de la communication de le savoir (par exemple, Shannon et Weaver 1948) selon lequel le savoir est tout simplement transféré d'un expéditeur à un destinataire dans un environnement asocial. en fait, comme Stivers et al. (2011: 9) soutiennent, du fait que les acteurs sociaux se tiennent mutuellement " account-able " pour l'expression de leurs droits et obligations à l'égard du savoir, le domaine épistémique est un domaine géré par les normes-en-action. Par ailleurs, c'est à travers les propriétés séquentielles de l'interaction que les acteurs sociaux affichent leurs orientations emic envers leurs droits épistémiques et celles des autres et c'est à travers les propriétés séquentielles des tours de paroles que des tels droits sont négociés (voir, par exemple, Heritage 2002, raymond et Heritage 2006, Stivers 2005). ainsi, par exemple, en prenant le premier tour de parole dans une séquence l'acteur social affirme sa primauté épistémique puisque s'il le prenait en second il courrait le risque d'être compris comme simple suiveur de la position exprimée dans le première tour de parole. Afin de résister à l'affirmation de la primauté épistémique inhérent au premier tour de parole, un deuxième tour peut être conçu en utilisant par exemple l'accord explicite ou des phrases interrogatives. en utilisant l'analyse conversationnelle comme méthode de recherche, la discussion de cette communication s'ajoute au corpus croissant de recherches sur la dimension normative du savoir pratique. Plus précisément, utilisant des transcrits d'une vraie interaction professionnelle enregistrée pendant une réunion, cette communication a pour objet d'expliquer, en termes significatifs aux membres eux-mêmes, la relation réflexive entre l'organisation séquentielle des tours de paroles et des droits épistémiques normatifs. Car, comme dans tout système normatif, les acteurs sociaux se tiennent mutuellement responsables pour le déploiement de leurs droits épistémiques (Stivers et al. 2011, Drew, 1991). Par ailleurs, c'est à travers les propriétés séquentielles des tours de paroles que ces droits sont négociés et que le domaine épistémique est normativement organisé. Ces normes sont considérées d'une perspective ethnométhodologique comme l'action de se rendre " account-able ", plutôt que de suivre les exigences sociétales intériorisées. en outre, la réalisation de ces normes-en-action permet à l'entreprise d'être incarne. Cela se produit du fait que les organisations ne sont pas des systèmes rationnels avec des normes exogènes et prédiscursifs qui déterminent ce que les acteurs sociaux devraient et ne devraient pas faire, ou devrait et ne devrait pas savoir. Plutôt, les organisations sont constituées dans la façon dont les membres de l'organisation utilisent des concepts des normes en tant que ressources pour mener à bien leurs activités quotidiennes au travail (taylor et Van every, 2000). les résultats indiquent la manière dont l'orientation vers les normes épistémiques montre comment l'alignement à un niveau séquentiel entre le directeur et le directeur adjoint rend pertinente une équipe interactionnelle (Kangasharju 1996) au sein de la réunion. Cette équipe, composée du directeur et du directeur adjoint, s'incarne en tant que " knowing participants " qui sont hiérarchiquement plus proche du siège social parce qu'ils ont le droit normatif d'exprimer des connaissances du siège social. Comme Kangasharju (1996) souligne, quand une équipe devient pertinente à l'interaction, cela crée une coterie. Dans ce cas, le reste du personnel devient des " unknowing participants " et ils ne s'alignent pas séquentiellement avec l'équipe formée par le directeur et son adjoint. le reste du personnel, exclu du groupe formé par le directeur et son adjoint, ne parle pas beaucoup pendant l'interaction. De plus, si les personnes parlent cela n'est ni pour montrer des savoirs, ni pour s'aligner avec l'équipe formée par le directeur et son adjoint. elles n'ont jamais la primauté épistémique et sont souvent interrompues.en conclusion, il est soutenu que ces manifestations du savoir incarnent une forme de hiérarchie des savoirs, ceux ayant le droit d'exprimer le plus de savoir prétendant à une association plus étroite avec le siège social et donc prétendant aussi d'avoir une place supérieure dans la hiérarchie de l'entreprise. De cette façon, la négociation des normes épistémiques peut être vue comme un moyen par lequel l'organisation est incarne (à paraître Clifton). ainsi, l'organisation est considérée comme réalisé par les personnes mêmes en raison de leurs orientation, entre autres, vers les droits de montrer leurs savoir (cf. Boden, 1994), plutôt qu'une structure organisationnelle dans laquelle les acteurs sociaux suivent les normes exogènes qui leur permettent d'effectuer certaines actions et pas d'autres. ainsi, plutôt que de considérer les normes comme extrinsèques à l'interaction et qui sont à suivre comme un " judgemental dope ", l'analyse conversationnelle considère les normes comme le produit du travail interactionnel des acteurs sociaux. ainsi les normes-en-action deviennent observables dans les propriétés séquentielles des tours de paroles qui sont le fondement de toute socialité (Schegloff 1996). les normes sont donc conçues comme des moyens pour réaliser des activités de travail quotidiennes. note: il est au-delà de la portée (et de limite de mots) de ce propos de communication de présenter une analyse séquentielle détaillée de la transcription de la réunion, qui caractérise la réalisation de normes comme l'accomplissement des membres. Une telle analyse détaillée sera élaborée lors de la communication même.
Type de document :
Communication dans un congrès
Communiquer dans un monde de normes. L'information et la communication dans les enjeux contemporains de la " mondialisation "., Mar 2012, France
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Contributeur : Compte Laboratoire Geriico <>
Soumis le : mardi 2 juillet 2013 - 14:24:12
Dernière modification le : mardi 24 avril 2018 - 01:20:36

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  • HAL Id : hal-00840409, version 1

Citation

Jonathan Clifton. Normes-en-action. la négociation des droits épistémiques dans des réunions des équipes. Communiquer dans un monde de normes. L'information et la communication dans les enjeux contemporains de la " mondialisation "., Mar 2012, France. 〈hal-00840409〉

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