Littérature grise : de l'ombre à la lumière (dossier)

Résumé : La littérature grise, terme générique, désigne les documents produits par l’administration, l’industrie, l’enseignement supérieur et la recherche, les services, les ONG, associations etc., qui n’entrent pas dans les circuits habituels d’édition et de distribution. Il s’agit surtout de rapports, travaux non publiés (working papers), thèses, conférences, présentations, mémoires, etc. Imprimés ou en format numérique, ces documents sont souvent difficiles à identifier et à acquérir. Pourtant, ce gisement d’information sans pareil a trois atouts : 1.Sa fraîcheur. Ces documents contiennent souvent des informations avant qu’elles ne soient publiées dans des articles ou livres, voire ne sont jamais publiées ailleurs. 2.Sa richesse. Les données, résultats, synthèses etc. sont souvent bien plus nombreux et détaillés que dans les revues ou les livres. 3.Proximité avec le terrain, avec une équipe de recherche, une communauté, un milieu culturel et linguistique, une région, une branche d’activité etc. Dans certains secteurs, c’est la source principale d’information. La littérature grise est victime d’un paradoxe : on en trouve partout, dans les services documentaires et bibliothèques, sur Internet, dans les portails, archives ouvertes, moteurs de recherche et systèmes de veille etc. Selon les domaines et pays, elle représente jusqu’à 30 % de la production scientifique. Mais le terme « littérature grise » reste mal défini, imprécis, avec des contours flous. Ses deux handicaps font partie de sa définition : identification, accès et acquisition sont souvent difficiles, et qualité et fiabilité ne sont pas toujours assurées. Le concept est historique et professionnel. Il est issu des stratégies d’acquisition et de veille des grands centres d’information, à la recherche de sources et ressources riches d’information unique, détaillée et fraîche. Son âge d’or fut les années 80 et 90, avec la mise en place des grandes bases de données, des réseaux documentaires, des dispositifs de veille et des grands services d’information et de documentation. Qu’en est-il aujourd’hui, dans un tout autre environnement ? Pour certains, Internet et Google répondent à la question. Pour d’autres, ces documents restent un challenge, une mine d’information pertinente pour la recherche, l’industrie et l’intelligence économique. On peut aussi y voir une alternative à l’édition traditionnelle, un espace de liberté et de partage, à l’instar du mouvement du libre accès et des biens communs sur Internet. Notre dossier fait le point. Il introduit, tout d’abord, le concept et présente quelques collections, réseaux, producteurs et points d’accès. Faut-il parler de la littérature grise au singulier ou au pluriel ? Faut-il parler de littérature ? Le deuxième pôle se focalise sur la typologie, avec différents formes et formats, en mettant l’accent sur leur développement et dynamique. Le troisième pôle souligne les enjeux et évolutions actuels et à venir de la littérature grise, sous ses aspects, juridiques, technologiques, politiques, professionnels, etc. Quelques sources et ressources permettront aussi d’approfondir la question. Et, si ce dossier ne répondra peut-être pas à toutes les interrogations, il s’efforce de poser les bonnes questions.
Mots-clés : Littérature grise
Type de document :
Direction d'ouvrage, Proceedings
France. 52 (1), pp.28-71, 2015, I2D Information, données et documents
Liste complète des métadonnées

http://hal.univ-lille3.fr/hal-01290334
Contributeur : Laboratoire Geriico <>
Soumis le : vendredi 18 mars 2016 - 01:14:33
Dernière modification le : vendredi 17 novembre 2017 - 08:54:02

Identifiants

  • HAL Id : hal-01290334, version 1

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Citation

Joachim Schöpfel. Littérature grise : de l'ombre à la lumière (dossier). France. 52 (1), pp.28-71, 2015, I2D Information, données et documents. 〈hal-01290334〉

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