Translation's Aftermath: la friche, la francisation et la faux faussée

Résumé : « cherchons avec toute la précision désirable, mais sans prétendre pour la science qui nous est chère à une autonomie absolue, les limites du champ qu’elle est appelée à défricher. » Gabriel Tarde, « La sociologie élémentaire » (italiques ajoutées) Cette métaphore fourchue, appuyée sur une contrepèterie réflexive, déterre une double contrainte historique :

D’une part, le trope que cueille Tarde retrace ses racines parmi les analogies au pastoral employées (on dira par antiphrase) pendant la transformation de la France rurale lors de la troisième République : le contexte historique local du philosophe. Le texte de référence ici est Peasants into Frenchmen: the Modernization of Rural France, 1870 to 1914 (1976) d’Eugen Weber, et notre intérêt porte sur le rôle de la traduction dans cette culture des terroirs : le déchiffrement des étendues.

D’autre part, le champ de la traductologie française, que laboure forcément le traducteur moderne de Tarde, remonte à la délimitation d’une jachère apparente de recherche par Antoine Berman dans L’épreuve de l’étranger (1984), qui germa juste un an après sa version française du chef d’oeuvre de Weber, intitulé La fin des terroirs (1983). Malgré sa connaissance de cette histoire, son érudition et sa résolution de remuer ciel et terre, Berman ferme les yeux sur les analogies idéologiques modernisantes du morcellement et défrichement du territoire qui clôturèrent le fait social sui generis dans le débat entre Durkheim et Tarde tout comme sa propre fouille de la traductologie. Tant pis. Le rôle de la traduction dans la francisation des provinces – en tant que mécanisme et métaphore de la culture – est peut-être la tache de Mariotte au centre de sa vision perspicace de l’histoire de ce fait social.

Face à cette brousaille de propos culturels, le traducteur anglais éprouve une aporie. Mais tout n’est pas perdu. En dépit de la cécité des deux auteurs pour ces analogies idéologiques, l’engagement qu’ils partagent à l’ouverture des frontières conceptuelles, à la sensibilité, à l’éthique du sujet et surtout à la mimésis, lui donne le deuxième souffle. Sa version de l’essai s’avère, enfin, un terrain de rencontre entre la sociologie de l’un et la traductologie de l’autre. L’aporie semble une clairière. Pourtant, les questions vivaces et piquantes repoussent : qu’est ce qu’on a fauché? qu’est ce qu’on sème?
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Communication dans un congrès
Translating Territories. Territoires de la traduction / Traduction du territoire , Nov 2011, Lille, France. <http://evenements.univ-lille3.fr/translating-territories-conference/>
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Contributeur : Samuel Trainor <>
Soumis le : lundi 13 février 2017 - 17:43:27
Dernière modification le : jeudi 16 février 2017 - 11:45:52
Document(s) archivé(s) le : dimanche 14 mai 2017 - 12:29:49

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Samuel Trainor. Translation's Aftermath: la friche, la francisation et la faux faussée. Translating Territories. Territoires de la traduction / Traduction du territoire , Nov 2011, Lille, France. <http://evenements.univ-lille3.fr/translating-territories-conference/>. <hal-01465420>

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