Practical diversity. Why a socio-technical perspective on communication must lead to standardisation and a practical perspective might prevent it ; with illustrations from the field of science communication

Résumé : Diversité pratique. Pourquoi une perspective sociotechnique de la communication mène inévitablement à la standardisation alors qu'une perspective pratique pourrait l'en empêcher ; avec des exemples tirés du domaine de la communication scientifique Il est difficile de voir comment une perspective sociotechnique de la communication peut mener à autre chose qu'à la standardisation et par là même, à une réduction de la diversité - thème qui fait l'objet du présent essai. la question de savoir si une telle standardisation devrait être considérée comme un avantage ou non dépend du contexte et de la substance des éléments en question. Une communication concernant des contenus purement techniques peut tirer bénéfice de la standardisation, tandis que des procédures de communication standardisées ont toutes les chances d'entraîner une distorsion des échanges à propos d'éléments sociétaux complexes. le recours lui-même à une perspective sociotechnique tend, cependant, à empêcher de se préoccuper du contexte et, en particulier, de la substance. effectivement, cela empêche d'évaluer l'adéquation ou non de cas particuliers à des procédures standardisées et de standardisation. Une standardisation systématique peut en être l'aboutissement.xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /> Les exemples sont tirés du discours fondé sur la communication scientifique. Il est suggéré que la réintroduction du concept classique de praxis, avec sa distinction entre raison technique et raison pratique pourrait être utile à un travail ultérieur sur la substance au cas par cas, et permettre ainsi une délimitation de la standardisation. la perspective technique la perspective technique relève de la sphère de production. Son domaine est le contrôle des choses. a cause de l'usage, inhérent aux procédures techniques, de la force sur les objets, les penseurs classiques, a-t-on fait remarquer, redoutaient la perspective technique comme constituant une possible menace pour la liberté de la vie publique et politique[1]. Dans les sciences techniques d'aujourd'hui, intimement connectées à la production de masse, l'objectif du contrôle s'exprime comme objectif de standardisation qui peut être considéré comme l'équivalent technique du concept religieux et scientifique de la vérité (universelle). la science, sous cette forme, vise la réduction de la complexité et de la diversité. Par conséquent, l'Homo faber est l'opposé de la fin ouverte du langage humain[2] - un trait qui a été important dans la science moderne depuis ses débuts[3]. De plus, la science technique traditionnelle est encline à rechercher des réponses sans équivoques et des solutions applicables sans considération du contexte spécifique ni de la substance des questions. La perspective technique peut aller de l'intérêt exclusif pour les objets physiques jusqu'aux relations humaines, et la science de la communication a fréquemment été poursuivie comme science technique depuis ses premiers jours [4]. De récentes approches techniques des relations humaines, populaires, notamment, dans la communauté des Science and technology Studies [5,6], se montrent critiques à l'égard de traits de la pensée technico-scientifique traditionnelle tels que ses objectifs de réduction de la complexité et de la diversité et ses dichotomies assumées telles que nature contre Société. les efforts pour éliminer les dichotomies, cependant, semblent faussés par une adhésion de facto précisément à cette structure de pensée qui a créé en premier lieu les dichotomies, en considérant, semble-t-il, que toutes les distinctions sont de nature dichotomiques. en réalité, la résolution des dichotomies se fait au prix d'un renoncement à toute capacité de distinguer entre les différentes qualités. nature et Société deviennent alors une. en outre, aucune distinction n'est opérée entre les humains, les (autres) animaux et les choses, tous perçus comme des acteurs au sens d'actants participant à des processus sans fin de négociations, de mises à l'épreuve et de jugements, dépourvus de tout sens ou de signification éthique. Sur cette toile de fond, cet essai explore quelqus conséquences de l'application d'une perspective technique à une communication scientifique - perçue ou bien comme une opération de transport constituant la phase finale dans une hypothétique ligne de production du savoir [7], ou bien simplement comme une autre phase dans des processus sans fin de négociations, de mises à l'épreuves et de jugements entre actants [5,6]. la perspective sociotechnique evidente dans la notion répandue de social engineering, la combinaison d'une perspective technique et d'une perspective sociale n'est pas inhabituelle. Dans une perspective sociale, les humains sont vus et observés comme l'une de ces espèces animales qui vivent en groupe. Cette perspective apporte une focalisation sur le statut et les relations de pouvoir et sur le degré de distance ou d'intimité à l'intérieur des groupes ou entre eux. Fréquemment, on rencontre un intérêt particulier pour les questions relatives à l' (in)égalité sociale [8] et/ou pour les consensus et les conflits à l'intérieur des groupes ou entre eux. la perspective sociale rend plus aisé pour l'observateur l'approche des groupes humains comme de possibles cibles d'intervention technique visant à affecter les relations ou mécanismes sociaux à l'intérieur des groupes ou entre eux. Dans ce contexte plus large, le présent essai analyse quelques objectifs sociaux répandus de la communication scientifique actuelle, tels que les objectifs d'inclusion et de contrôle du comportement. l'étude montre que la perspective sociotechnique interdit de s'adresser au public comme à des citoyens dans le sens classique du terme : une pluralité de citoyens individuels qui ne sont liés les uns aux autres que par le partage de la responsabilité dans les affaires publiques, et par la capacité humaine de penser et de parler qui fait de l'être humain un animal politique. la notion classique de praxis Considérer l'être humain comme un animal politique est une idée liée à la notion classique de praxis [9, 10]. Pour aristote, la vie humaine n'était pas production mais action (praxis) [11]. la vie comme praxis - incluant la politique comme la forme la plus élevée de praxis - était incertaine et complexe. le monde était habité par une pluralité d'êtres humains représentant chacun une perspective différente dans les affaires humaines - la vérité universelle faisait partie d'une autre sphère. en particulier à cause de cette diversité d'humains, les conséquences des actions n'étaient pas prévisibles - les possibilités de contrôle relevaient de la sphère technique de la production. Une discussion publique opposant différents points de vue constituait le cœur de la vie des hommes comme animaux politiques. tel était le mode politique [12]. Parallèlement, la notion de phronesis ou raison pratique désignait une forme séculière, temporelle et personnelle de raison reposant, selon les cas, sur l'expérience passée, visant une action future et incluant simultanément des évaluations éthiques et factuelles. Ravivée pendant xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />la Renaissance mais dédaignée par la science [13], cette approche ancienne, tridimensionnelle et, partant, non dichotomique des affaires humaines, a largement été laissée de côté par la science de la communication telle qu'elle a évolué depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Dans la communication scientifique une approche phronétique - posant le communicateur en agent de la raison pratique engagé dans l'institution politique de la discussion publique - pourrait offrir de nouvelles options de communication en ce qui concerne les questions et conflits politiques liés aux sciences et aux technologies, qui sont importants dans les sociétés de savoir modernes [14]. 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Communication dans un congrès
Communiquer dans un monde de normes. L'information et la communication dans les enjeux contemporains de la " mondialisation "., Mar 2012, France. pp.154, 2013
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Gitte Meyer. Practical diversity. Why a socio-technical perspective on communication must lead to standardisation and a practical perspective might prevent it ; with illustrations from the field of science communication. Communiquer dans un monde de normes. L'information et la communication dans les enjeux contemporains de la " mondialisation "., Mar 2012, France. pp.154, 2013. 〈hal-00835846v2〉

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