Les données de la recherche en SHS. Une enquête à l’Université de Lille 3. : Rapport final

Résumé : Les données de la recherche deviennent l’un des nouveaux défis de la gestion scientifique. Produites dans le cadre des projets de recherche, ces données posent des questions inédites aux laboratoires, bibliothèques et services informatiques des universités : comment conserver ces données, comment les signaler et mettre à disposition d’autres chercheurs, comment faire le lien avec les publications, comment les intégrer dans une politique du libre accès à l’information scientifique ? Avant de se lancer dans un projet de données de la recherche, un établissement doit faire un état des lieux sur le terrain pour mieux connaître les producteurs de ces données, leurs pratiques et besoins dans la gestion des données et leurs outils, mais aussi la nature concrète de ces données. L’Université de Lille 3 a réalisé une étude sur les pratiques, besoins et attentes en matière de gestion des données de la recherche auprès de son personnel scientifique. L’étude est pilotée par le laboratoire GERiiCO et le SCD de Lille 3. Elle fait partie d’une démarche concertée en faveur de la gestion et du partage des données de la recherche mise en œuvre à partir de 2013, avec plusieurs analyses, séminaires et publications. L’enquête a été préparée avec l’Université Humboldt de Berlin. Le questionnaire contient 22 questions et a été mis en ligne en avril et mai 2015. Il a reçu 270 réponses (taux de réponse 15%). Toutes les disciplines sont représentées, ainsi que toutes les catégories des personnels scientifiques. Les personnes interrogées décrivent un large éventail de données sources. Les corpus (documents textuels) sont de loin la source la plus importante (64%), suivi par les enquêtes et entretiens (47%), observations (41%), expériences (36%) et archives (34%). Quant à la typologie des données produites par les chercheurs comme résultat de leur travail, les données textuelles occupent de loin le premier rang (75%), suivies des tableaux (49%), bases de données (37%), visualisations ou modèles multidimensionnels (32%) et données AV (photo, son, vidéo), avec 20-25%. Le stockage en local est de loin le mode de sauvegarde privilégié, choisi par 207 participants, que ce soit sur leur ordinateur privé pour 83% des répondants, ou sur leur ordinateur professionnel pour 49% d’entre eux. 40 répondants (19%) stockent « dans le cloud », alors que 8% ont des données sur le serveur d’une autre institution. En réseau, 12% des répondants se tournent vers le serveur de l’université. La majorité ne partage pas ses données avec d’autres. Et ceux qui le font, partagent d’abord et surtout avec les collègues du groupe de travail (équipe scientifique) (34%). Très peu (<5%) ouvrent leurs données davantage et partagent avec l’institution, d’autres chercheurs ou « tout le monde », dans une démarche open data au sens strict du terme. 36% ont déjà pratiqué, d’une manière ou d’une autre, le partage des données – que ce soit avec les collègues d’une équipe scientifique ou d’un projet, via une archive ouverte ou lors de la publication d’un article, ou en téléchargeant les résultats d’autres chercheurs. Apparemment, 20-25% ont davantage d’expérience que les autres (« précurseurs »). 18% autres répondants se disent prêts et ont l’intention d’adopter ces pratiques à l’avenir (« motivés »). 5-10% indiquent qu’ils n’ont pas l’intention de partager leurs données à l’avenir (« réticents »). 30% manquent d’information et de connaissance concernant le partage des données de la recherche (« ignorants »). En tête de la liste des besoins figure l’espace d’archivage sécurisé et fiable pour ses propres données, suivi des conseils pour la gestion, des conseils techniques (normes, métadonnées etc.) et des conseils juridiques (autour de 50%). Moins nombreux sont les chercheurs qui souhaitent des conseils ou de l’assistance pour la publication ou diffusion des données (autour de 40%), encore moins ceux qui demandent de l’aide pour préparer un plan de gestion (29%) ou un conseil dans le domaine de l’éthique (24%). Les résultats ont été analysés par rapport aux disciplines et statuts des personnes interrogées. Ils ont été également comparés avec les résultats de trois autres enquêtes (Berlin, Strasbourg, LIBER Europe). A l’issue de l’enquête, nous allons mener des interviews avec un échantillon restreint d’enseignants-chercheurs et doctorants volontaires, afin de mieux connaître certains pratiques et besoins et aussi, pour valider les résultats de l’enquête. En même temps, nous allons contribuer à développer une offre de service sur le campus de l’Université de Lille 3 pour accompagner et faciliter la gestion des données de la recherche des équipes scientifiques. Cette offre pourrait s’articuler autour de trois axes : la formation des étudiants et chercheurs à la gestion des données, une proposition de conseil et assistance, et une contribution à la création d’une nouvelle infrastructure pour la curation, le stockage, l’archivage et la diffusion des données.
Type de document :
Rapport
[Rapport de recherche] Lille 3. 2015
Liste complète des métadonnées

http://hal.univ-lille3.fr/hal-01198379
Contributeur : Joachim Schöpfel <>
Soumis le : lundi 27 juin 2016 - 15:31:36
Dernière modification le : vendredi 16 septembre 2016 - 15:08:11

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  • HAL Id : hal-01198379, version 1

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Hélène Prost, Joachim Schöpfel. Les données de la recherche en SHS. Une enquête à l’Université de Lille 3. : Rapport final. [Rapport de recherche] Lille 3. 2015. <hal-01198379>

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